Vision du monde [2]

Références : Vision du monde [2] » dans : Conscientisation, Recherche de Paulo Freire, Document de travail INODEP, Colmar, éditions d’Alsace, 1971, p.21-22.
Note : il s’agit d’un extrait de l’article « Le processus d’alphabétisation politique », dans : IDOC international (revue interconfessionnelle de documentation), édition française, n°40, Paris, février 1971, p.47-60.
Archive : fonds du Centro de Referência Paulo Freire (Brésil), les pages manquantes (p.86-87) ont été complétées par nos soins 

Texte de l’article :

La « conscientizaçâo », n’est pas basée sur une conscience d’un côté et un monde de l’autre ; du reste, elle ne recherche pas une telle séparation. Au contraire, elle est basée sur le rapport conscience-monde.

En prenant un tel rapport pour objet de leur réflexion critique, les hommes éclaireront ces dimensions obscures qui résultent de leur approche du monde. La création de la nouvelle réalité, telle qu’elle es1 indiquée dans la critique précédente, ne peut épuiser le processus de la « conscientizaçâo ». La nouvelle réalité doit être prise comme objet d’une nouvelle réflexion critique. Considérer la nouvelle réalité comme quelque chose ê laquelle on ne peut toucher représente une attitude aussi naïve et réactionnaire que d’affirmer que l’ancienne réalité est intouchable.

La « conscientizaçâo » en tant qu’attitude critique des hommes dans l’histoire ne sera jamais finie. Si les hommes, en tant qu’êtres agissants, continuaient à « adhérer » au monde « agi », ils seraient submergés par une nouvelle « obscurité ».

La « conscientizaçâo », qui se présente comme un processus à un moment donné, doit continuer en tant que processus au moment qui suit et pendant lequel la réalité transformée montre un nouveau profil.

De cette manière, le processus d’ « alphabétisation » politique – comme le processus linguistique – peut être une pratique pour la « domestication » des hommes pour leur libération. Dans le premier cas, la pratique de « conscientizaçâo » n’est absolument pas possible tandis que dans le second cas, le processus est en lui-même « conscientizaçâo ». D’où une action déshumanisante d’un côté et un effort d’humanisation de l’autre.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *